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Un silence assourdissant

Divers04/02/20

Un silence assourdissant.
 
Je tiens une fois de plus à affirmer ma solidarité pleine et entière à l'ensemble du corps médical qui mène une lutte exemplaire contre la destruction notre système de santé public, réputé il n'y a pas si longtemps, comme l'uns des meilleurs au monde. Partout la révolte gronde, des professeurs de médecine jusqu'aux brancardiers qui ne supportent plus d'assister à la destruction programmée de ce qui était l'une de nos fiertés républicaines et françaises.
Ces femmes et ces hommes se battent pour une certaine idée de notre pays, pour une certaine idée du service public et pourquoi ne pas le dire, une certaine idée de la civilisation et de l'Humanité.
 
Ces cris de détresse et de colère sont également ceux des avocats qui constatent jour après jour, l'effondrement de l'idée de Justice et des nécessaires moyens qui l'accompagnent. La crise des Gilets jaunes ne devait rien au hasard mais tout à trop de détresses et de souffrances accumulées, de précarité généralisée qui touche désormais l'ensemble de notre population.
 
De la même manière, les Français ont bien compris que la réforme des retraites les entrainerait vers plus de misère pour tous et beaucoup de profits pour quelques uns.
 
Rarement une telle politique de casse sociale afin de nous faire rentrer à toute force dans le moule néolibéral, n'aura été d'une telle violence. Rarement un gouvernement n'aura mis autant de zèle à s'attaquer frontalement à ce nous nous sommes profondément, à notre identité sociale et culturelle, donc politique afin de satisfaire sa clientèle ainsi que son âpreté aux gains.
 
Comment oser, se prétendre encore du "camp du progrès" et soutenir pareil projet? Pareil politique? Comment oser se prétendre du camp du progrès et accepter le soutien de celles et ceux qui s'attaquent directement aux fonctionnaires, aux retraités, aux familles en difficultés (baisse des APL), aux épargnants, aux Smicards (toujours pas revalorisé), qui privatisent toujours plus...
 
Faire de la politique c'est aussi prendre position, assumer ses choix devant le suffrage universel, devant les électeurs. Se réfugier derrière le pretexte de la différence entre la politique nationale et locale est une facilité qui ne trompe personne alors que notre pays n'a pas connu de telles tensions depuis bien longtemps.
 
Qu'en pensent celles et ceux qui sont soutenus par la République en Marche et qui se taisent? Qu'en pensent celles et ceux qui sont soutenus par la République en Marche et qui ne remettent pas en cause ce soutien en prétextant qu'il ne reviendrait pas à un élu local de faire des commentaires sur la politique "nationale". N'a t-on rien à dire sur la remise en cause du statut des fonctionnaires quand on est à la tête de centaines voire de milliers d'entre-eux? N'a t-on rien à dire quand la réforme des retraites va concerner TOUS les citoyens et en, particulier les femmes? N'a t-on rien à dire quand on sait que la politique c'est aussi des rapports de forces? N'a t-on rien à dire à ses milliers de Dunkerquois et de citoyens du littoral qui se mobilisent et refusent la société qui vient? Nous aimerions tant savoir. Il y a des silences qui sont assourdissants.
 
Christian Hutin
Député du Nord